- Site de Geneviève DINDART

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"Mon travail de création a débuté en 1994, bien après mes études d'architecture et de design à l'Ecole CAMONDO, alors que je poursuivais une recherche en Art et Thérapie à l'Hôpital Paul Guiraud Villejuif. A cette époque, je cherchais un lien qui me permettrait de relier tout l'enseignement avant-gardiste de cette prestigieuse école, de celui de tous ces professeurs qui m'ont tous transmis quelque chose, avec cette possibilité de me former encore lors d'une expérience pilote aux Beaux-Arts et au CHU de Bourges, sous la tutelle commune des Ministères de la Culture et de la Santé. La transmission est quelque chose de très important pour moi et dernièrement d'ailleurs, j'ai écrit quelque chose la-dessus, le titre de cette communication s'intitule : "Nous ne devenons jamais sans un Autre."
J'ai une très grande inclination vers tout ce qui peut relier l'Art et ses applications, autres .
Dès 1996, j'ai produit toute une série que j'ai nommée : "Des Fragmentations " (voir texte in: Presse.) et plus tard,
une autre, appellée : "Des Identités." Cette dernière parle du visage mais évidemment pas que de cela...
Sur des formats identiques, une fragmentation de la forme s'est imposée à moi, multipliant les plans facettes, amenant un travail de contours et de limites. Toutes ces séries m'ont vraiment fait rentrer dans quelque chose qui peut s'appeler aujourd'hui, "ma" création, "ma" production.
Pourquoi ce choix des Fragmentations ?
Picasso a dit un jour :" Je fais souvent un tableau pour un coin de la toile que personne ne regarde."
Cette phrase, je l'affectionne encore.
En un sens, il a complètement raison, et mon premier tout petit travail se prénomme : "Fragment Sous Vide"...
un corps en vrac dans un carré plastique.
Ces "Fragmentations" se sont situées, se situent encore, au sein d'une recherche sur l'équilibre et le déséquilibre.
Toutes ont été travaillées sur des supports de toile et de papier, provenant d'autres toiles "mises en morceaux."
En un sens, c'est une recherche tout à fait vaine de perfection de la forme, dans l'idée d'atteindre quelque chose
(que l'on n'atteind jamais ... sauf, à la limite, visuellement !), pour essayer de toucher encore plus sa complexité.
Le processus d'élaboration a dès lors amené plusieurs problématiques, répétées pour chacune des pièces.
Chaque élément du tableau est mis en valeur en regard d'un autre dans une logique interne à chacun des collages.
Chaque fragment est confronté aux autres ou à un autre, dans un essai de réunification, d'associations.
Mes recherches plastiques se situent dans le champ d'une construction et d'une reconstruction permanente, à l'intérieur d'un temps qui se fait et se défait . J'oscille entre un intérieur très intimiste, l'atelier, et un autre, ouvert, nomade, déployable, dans une volonté d'extérieur toujours en mouvement. Ces deux pôles me sont nécessaires à la conception et à la création. Mes travaux, loin d'en finir avec la peinture, le dessin, les encres, se sont parallèllement orientés à un moment vers les images, la vidéo, dans une démarche pluridisciplinaire avec l'Hôpital de Jour de Malakoff, où j'ai exercé plusieurs années, auprès d'un public de patients suivis en Psychiatrie. Une série de peintures ("Des Identités", mai 2000) y a vu le jour, disons que c'est dans ce berceau que pour moi, beaucoup de choses se sont intensifiées.
Dès 2002, une réflexion autour du labyrinthe en a été le fruit (Les "Mémoires Sélectives").
Dans cette exploration, je me suis confrontée à des formats plus grands venant dépasser l'idée du collage, y amenant sans doute d'autres liens. L'idée de la tension (par l'utilisation des fils de pêche), et de l'empêchement, souvent présents dans ma recherche plastique, m'a conduit peu à peu à imaginer un autre terrain de mouvance, autour de la couleur tout d'abord, puis autour de constructions plus poussées.
A nos portes, la contemplation du chaos m'a fait pencher vers une position plus frontale.
Peindre dans l'atelier ne m'a jamais suffit.
J'essaie de regarder le monde et sa grande complexité, sa violence.
J'y pose des regards et j'essaie de le capter de son côté formidablement vivant, avec des yeux ouverts.
L'Art bien entendu, c'est de l'énergie, mais c'est aussi ce qui nettoie les yeux...
Depuis 2001, mon travail continue, les fragments se sont bien dispersés et c'est tant mieux. "

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